On peut n'avoir que 24 ans et avoir déjà vécu plusieurs vies aux Jeux olympiques : c'est le cas de la snowboardeuse Julia Nirani-Pereira, qui entrera en lice jeudi, et dont le parcours n'a jamais été linéaire depuis sa médaille d'argent surprise en 2018.
Cette année là, à Pyeongchang (Corée du Sud), elle était devenue la plus jeune médaillée française de l'histoire des Jeux olympiques d'hiver en prenant la deuxième place du snowboard cross. Une immense surprise pour une jeune femme de 16 ans et quelques mois, qui ne comptait auparavant qu'un seul podium sur le circuit de la Coupe du monde.
Quatre ans plus tard, la native de la région parisienne avait chuté en demi-finale alors qu'elle était en tête, à quelques encablures de rejoindre la finale. "Dans ma carrière, il m'est arrivé pas mal de galères et aujourd'hui, je pense que je suis devenue une athlète un peu plus mature, un peu plus accomplie. J'ai appris la persévérance, je n'ai jamais rien lâché", disait-elle le mois dernier au moment de présenter sa candidature pour le rôle de porte-drapeau finalement dévolu à sa coéquipière Chloé Trespeuch.
"J'ai toujours beaucoup d'émotions quand je parle des Jeux, depuis 2018 notamment. Ça me procure énormément de frissons et me met de la magie dans les yeux."
La carrière de Julia Nirani-Pereira n'a pas été un long fleuve tranquille malgré sa percée précoce au haut niveau. La décompression post-JO 2018 a été difficile : inconnue du grand public, elle avait été propulsée sur le devant de la scène, un changement de dimension difficile à appréhender pour l'adolescente qu'elle était encore.
Une mononucléose et une première blessure au genou perturbent sa montée en puissance vers les Jeux de Pékin, où elle était finalement toute proche de jouer le podium.
Depuis, elle a été opérée des deux genoux à huit mois d'intervalle entre mai 2022 et janvier 2023, notamment pour une rupture du ligament croisé antérieur,.
"J'ai envie de montrer que même si on est jeune, qu'il nous arrive des galères et que les années passent, il ne faut rien lâcher. Que l'histoire est très belle, et qu'elle peut continuer très longtemps, qu'il y a des choses encore plus grandes qui nous attendent", déclarait la médaillée de bronze des Mondiaux de mars dernier, quelques semaines après le décès de son papa d'un cancer.
Mais depuis l'année dernière, elle enchaîne les bonnes performances avec quatre podiums individuels (sur huit dans sa carrière), dont ses deux seules victoires en Coupe du monde. La troisième du classement général de la saison 2024-2025 s'est notamment imposée à Dongbeiya (Chine) en janvier, lors de la dernière étape avant les Jeux.
"Le fait d'être régulière, c'est ce que j'attendais depuis très longtemps. Donc je suis ravie d'y être enfin arrivée", a-t-elle dit mardi en conférence de presse. "J'ai de gros espoirs sur ces Jeux olympiques. C'est un peu particulier, je ne me suis jamais sentie aussi prête et, à la fois, c'est aussi un peu effrayant."
Troisième de la Coupe du monde cette saison, Julia Nirani-Pereira figure logiquement parmi les prétendantes au podium à Livigno (Italie), d'autant que les Jeux lui donnent toujours un petit supplément d'âme. Elle se projette d'ailleurs déjà sur les Jeux de 2030 dans les Alpes françaises.
"J'aimerais faire encore quelques Jeux olympiques", assurait-elle en janvier.
(Rédigé par Vincent Daheron, édité par Kate Entringer)

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